

Compte rendu des Assises départementales de la protection du patrimoine du 8 avril 2025
Cette journée a permis une rencontre des personnels du SDIS 24 avec les maires-propriétaires et les curés-affectataires des édifices cultuels afin de promouvoir une culture de prévention du risque incendie.
Plus de 800 églises participent à l’identité de notre département. Il s’agit, pour la plupart, de bâtiments anciens «hors norme », de ce fait la réglementation ERP (Établissement Recevant du Public) à laquelle ils sont soumis est souvent difficile à appliquer ( jauges, issues de secours, etc…)
Des données statistiques nationales montrent que le risque incendie est majoré dans ce type de bâtiments anciens faits de pierre et de bois. Les causes d’incendie les plus fréquentes sont : la malveillance (36 % des cas), les installations électriques (23 %), les travaux, la foudre, les dispositifs de chauffage. Les départs de feu se situent le plus souvent dans les combles ou les toitures.
L’incendie de la cathédrale Sainte-Marie de Nantes en 2020 a été présenté comme un cas d’étude. Certaines difficultés rencontrées alors par les services de secours ont été soulignées : clés non identifiées et d’accès difficile, Plan de Sauvegarde des Biens Culturels (PSBC) non testé, complexité de la stratégie de lutte contre l’incendie du grand orgue (stabilité de la tribune).
Le « Plan Sécurité Cathédrales » a été présenté ; il consiste en un plan d’action très détaillé en 58 items. Il peut servir de base de travail pour améliorer la prévention incendie dans nos églises.
– Les actions préventives sont mises en avant :
- Contrôles réguliers des installations électriques
- mise en place de disjoncteurs, extincteurs et paratonnerres
- suppression des dépôts inappropriés à haut pouvoir calorifique (cierges)
-Les appareils de détection précoce des incendies, tels que les caméras thermiques, sont recommandés mais leur utilisation va de pair avec un protocole humain de levée de doute en cas d’alarme.
-La réalisation de plan de sauvegarde des biens culturels ( PSBC) est fortement encouragée.
Une table ronde a eu pour thème : « Pourquoi la réglementation ERP ne suffit pas à protéger les églises »,
Cette réglementation vise à protéger les personnes plus que les biens.
-La prévention incendie est du ressort des maires, propriétaires des édifices :
- contrôle annuel des installations électriques,
- idéalement systèmes d’extinction ponctuelle automatique au CO2 sur les tableaux électriques,
- paratonnerres, extincteurs,
- de plus un système de vidéosurveillance extérieur pourrait réduire les actes de malveillance.
-En cas de travaux sur l’édifice, la surveillance doit être majorée, il convient de prévoir dès l’appel d’offre des mesures préventives, telles que :
- signature d’un permis de feu
- arrêt des travaux de soudure une heure avant la débauche
- pas de chargeur sous tension durant la nuit
- amendes en cas de cigarette sur le chantier
- En pratique privilégier des entreprises spécialisées Monuments Historiques
-En cas d’utilisation non cultuelle d’une église, pour des concerts par exemple, il convient d’obtenir d’abord l’accord du maire, le curé donnera son avis dans un second temps. L’utilisation occasionnelle d’un édifice cultuel pour un usage culturel impose la rédaction d’un cahier des charges pour exploitation exceptionnelle, document à soumettre, deux mois avant, à la commission de sécurité. Dans cette situation, surveiller les installations électriques provisoires, type rallonges et multiprises…
Une seconde table ronde abordait « Comment préserver les objets d’art, le Plan de Sauvegarde des Biens Culturels est-il adapté ? »
La nécessité d’un inventaire à jour a été souligné.
Dans le département huit PSBC sont déjà rédigés. Il s’agit, pour les pompiers, d’un outil opérationnel simple permettant de prioriser les objets à sauver, il doit être mis à jour régulièrement. Le PSBC demeure en la possession du propriétaire de l’édifice, il n’est pas transmis au service incendie qui est seulement informé de son existence et de son lieu de stockage sécurisé dans l’édifice.
En conclusion, cette journée de travail nous a permis de mieux comprendre les impératifs des pompiers et elle induira des actions de prévention ; en particulier, la CDAS mettra désormais l’accent sur ces mesures de sécurité contre l’incendie lors de ses visites d’églises.
JPM (CDAS)



