Eglise de la Rochebeaucourt

L’église de la Rochebeaucourt est un des plus beaux monuments religieux des XII – XIII – XVe siècles en Périgord, classée Monuments Historiques le 28 novembre 1923.

La Rochebeaucourt fut concédée à l’ordre de Cluny par l’évêque de Périgueux, Guillaume d’Auberoche en 1121. Une bulle du pape Calixte II, le 9 janvier 1122 apporta la caution de la chancellerie pontificale. Mais l’implantation des moines de Cluny se heurta à l’opposition des clercs du lieu si bien que les moines durent abandonner assez rapidement la Rochebeaucourt.

Au XIIIe siècle, l’église connaît quelques changements et certains chanoines, appréciant la vie communautaire, se forment en collège appelé « chapître » ayant à sa tête un prévôt. C’est à cette période que l’église devient collégiale. Dans le chapitre en 1789, l’ordre présent était celui les Augustins, ils étaient cinq dont un en service paroissial.

L’église possède une seule nef (36 m de long sur 11m de large). Ses trois travées sensiblement carrées étaient voûtées de croisées d’ogives supportées par des faisceaux de trois minces colonnes. Ce système insuffisamment étayé par les contreforts de tradition romane, plaqués à l’extérieur, s’est effondré par la suite. Actuellement le plafond est en bois, en forme de coque de bateau.

Le chevet est carré. Au dessus du maître-autel, figurait l’année date de 1215 indiquant la période de sa reconstruction. Trois tableaux : l’Immaculée Conception, la Nativité, Saint-Martin avec Saint-Théodore dominent le choeur qui recouvre un tombeau construit au XVe siècle par Jean II de la Roche, seigneur de la Rochebeaucourt et dans lequel sont inhumés les seigneurs du lieu. Louis Beauvet, résidant de cette paroisse, réalisa de 1925 à 1930 un autel et son retable, comprenant

13 statues représentant le Christ et ses 12 apôtres dont une statue a disparu. Actuellement l’autel a été avancé conformément au concile de Vatican II. Le vitrail central du XVe siècle a été en partie murée, il ne reste que quelques parcelles de décor en verre.

Le sol de la nef est en carreaux de Beauronne. Sur le mur nord, on voit une litre partiellement noire où l’on aperçoit la trace d’un blason au dessous d’un vitrail XIXe. A gauche de la 1ere travée, un autel dédié à la Vierge a été mis en place le 26 mai 1848 grâce à la générosité du Comte Louis Hector de Galard de Béarn ainsi qu’une tribune quelques mois après.

A droite en entrant, au sud, s’élève un clocher carré, de 15 mètres de hauteur, couvert d’un toit de tuiles à quatre pentes. Il possède deux cloches l’une datée de l’an 1773 : Sanita Martine, parrain et marraine des « Galard de Bearn » Christophe Guichard – Fondeur et une petite cloche de 1877 – fondeurs à Paris, A. Hildebrand et F. Crouzet.

La façade occidentale forme un vaste carré dans lequel s’ouvrent un portail à voussures brisées et une belle rose inscrivant sept cercles pylobés. L’abbé Brugière décrit cette verrière comme remarquable par la richesse des couleurs et la variété des détails. Elle serait l’oeuvre du peintre verrier Bernard Latour et représente dans son ensemble le mystère de l’Incarnation.

Le goutterot sud, dangereusement déversé, a reçu au XVe siècle des contreforts plus puissants. Toutes les hautes fenêtres ont été aveuglées.

Le patron de l’église de la Rochebeaucourt est Saint-Théodore (d’Amasée), romain, soldat et martyr vers 310.

Sources : Notice de l’abbé Brugière

Divers bulletins de la SHAP : 1953 article de Jean Secret, 1982, 1985, 1986, 1999

La Rochebeaucourt de Henri Mazeau

Texte rédigé par Huguette BONNEFOND