C’est au travers de la multitude de petits édifices ruraux que l’on peut le mieux appréhender les multiples facettes de l’art Roman dans notre région.
Quelques précisions sont nécessaires pour comprendre globalement la nature des édifices périgourdins.
- Les églises : sont généralement implantées en plein cœur des bourgs, qui ont parfois été bâtis après elles.
- Les matériaux : sont locaux : granit autour du limousin, grès rouge entre Hautefort et Terrasson, calcaire dans le reste de la Dordogne. La tradition veut que les murs soient bâtis en appareil moyen régulier. Même si les plans sont apparemment très différents il y a tout de même des constantes : quasiment pas d’églises à bas-côtés (4 en Périgord), des nefs uniques, longues, souvent suivies d’un avant-chœur sous coupole, terminées à l’Est par un chœur carré ou une abside arrondie, voire polygonale. La sculpture : s’exprime essentiellement dans les chapiteaux et les modillons, souvent originaux et créatifs, mais on cherchera en vain une grande tradition de sculpture monumentale en Périgord.
- Les toits : étaient à l’origine en lauze, la tuile plate ou canal et l’ardoise sont venues plus tard, lors des remaniements ultérieurs.
- Les clochers : sont quasiment tous de plan rectangulaire, le plus souvent placés sur la croisée du transept, ou sur la coupole de l’avant-chœur, ils peuvent, parfois être montés à l’Ouest et prennent alors la forme de clochers-porches.
- Les grands chantiers : ont, en Périgord comme ailleurs, été l’œuvre des ordres monastiques, abbayes et prieurés, bénédictins, cisterciens et chanoines réguliers de Saint Augustin ont christianisé le pays, et au XIIe siècle les pèlerins de Compostelle trouvaient très facilement gîte et couvert ; mais résumer le patrimoine religieux à la seule contribution monastique serait passer sous silence les nombreuses églises rurales bâties par les fidèles. Le Périgord a ainsi compté 700 paroisses et près de 1000 églises et chapelles.
- Les datations : sont souvent difficiles et approximatives, fautes d’archives fiables, elles s’appuient la plupart du temps sur des études stylistiques. Peu d’églises datent du XIème siècle, et si beaucoup d’entre elles ont des parties datant de cette époque, la plupart sont du XIIème, avec des éléments plus tardifs.
Si le temps a fait ses ravages sur ces édifices, il faut souligner que ce sont les hommes qui, souvent, ont le plus fortement contribué aux mutilations des églises : Guerre de cent ans, Guerres de Religion, la Fronde, brutale dans le Périgord et la Révolution qui a surtout désaffecté les édifices religieux. C’est pourquoi la majorité des bâtiments a connu de multiples remaniements, à la Renaissance, ou au XVIIe siècle.
Aujourd’hui encore des passionnés ont à cœur de restaurer et de sauver ce qui peut l’être de l’héritage de nos ancêtres.
Pastorale du Tourisme
Diocèse de Périgueux et Sarlat
www.diocese24.catholique.fr/patrimoine/



